Les nouveaux réfugiés de l'environnement ! |
| Mardi, 23 Février 2010 09:47 |
Il était une fois une planète ! Une planète qui était peuplée d'êtres vivants, des hommes, des femmes mais aussi des animaux... Seulement voilà à force de jouer avec, les hommes se mettent en danger eux mêmes. Augmentation des catastrophes naturelles... et donc augmentation des réfugiés climatiques. Qui sont ils et où vivent ils ?
Les effets nocifs du CO2 dans l'atmosphère se font déjà sentir : pas moins de 250 millions de femmes, d'hommes et d'enfants sont frappés chaque année par des tsunamis, des cyclones, mais aussi par la montée des eaux ou la désertification de certaines régions. Une fois frappées, les populations les plus démunies n'ont souvent pas d'autre choix que de fuir, au moins provisoirement. Mais comment permettre à ces populations de vivre ailleurs dans des conditions plus sereines ? Depuis la convention de Genève en 1951, il existe un statut de réfugié politique, mais voila il n'existe aucun statut juridique pour les réfugiés de l'environnement. Ces réfugiés climatiques sont trop souvent oubliés de la communauté internationale. Selon le rapport Stern, 200 millions de personnes, soit une personne sur 45, pourraient être qualifiés de migrants environnementaux d'ici 2050. Les régions les plus touchées sont l'Afrique, l'Asie centrale, du Sud et du Sud-Est, l'Amérique centrale et la partie ouest de l'Amérique du Sud. Mais ce sont les petits Etats qui sont les plus menacés. L'évacuation des îles Carteret de Papouasie-Nouvelle-Guinée a déjà commencé. Les villes côtières de tous les pays du monde, comme celles de la très peuplée baie du Bengale, seront très fortement touchées par la montée des eaux, sans oublier Venise qui commence à couler... Les populations sont trop faibles et n'ont pas d'autres choix que de partir. Une étude du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) a montré qu'aux Etats-Unis il y a 93 fois plus de catastrophes climatiques qu'au Bangladesh, mais 34 fois moins de morts. Malhereusement les migrants environnementaux ne peuvent prendre ni le droit d'asile ni le statut de réfugiés. Seul le plan d'action pour le XXIe siècle (Agenda 21), adopté lors du sommet de la Terre à Rio de 1992, y fait référence à propos de la lutte contre la désertification. Afin de pousser les gouvernements à reconnaître ce phénomène, de nombreuses ONG, comme Christian Aid ou Alofa Tuvalu,ont publié des rapports d'alerte. Des propositions sont faites pour bâtir un statut juridique complet en faveur des migrants environnementaux. Certains soutiennent que les migrants environnementaux remplissent en réalité les critères de la convention de Genève de 1951 sur les réfugiés. D'autres pensent qu'il faut réviser la notion de « persécution écologique ». Que peut on déjà faire ? Un pays comme le Bénin, par exemple, s'en sort "plutôt bien" grâce à son appartenance à diverses organisations régionales, comme l'Union économique et monétaire ouest-africaine, pour multiplier ses sources de financement et ses coopérations en matière de développement. Il n'est donc plus seul financièrement si une catastrophe se produit. Le futur traité de l'après-Kyoto prendra-t-il en compte la question du statut juridique des migrants environnementaux ? Guillaume Woittequand |
