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L’agriculture raisonnée, un bon intermédiaire ?

Écrit par Tiphaine   
Mardi, 28 Février 2012 15:48

conso_-_agricultureEntre agriculture biologique, agriculture raisonnée ou encore agriculture intensive, il est parfois difficile de faire la différence. A l’occasion du salon de l’agriculture, qui a ouvert ses portes ce weekend à Paris, nous vous proposons d’aborder les différences entre ces modes de production afin de vous éclairer au mieux. L’agriculture raisonnée pourrait être finalement un bon intermédiaire.

Explications...

Commençons par le commencement…

agricultureraisonee1Il faut tout d’abord savoir que l’agriculture raisonnée consiste pour un agriculteur à prendre en compte la protection de l’environnement, la santé et le bien-être animal à travers ses pratiques. C’est-à-dire qu’il va s’adapter au fonctionnement de son écosystème local et aux mécanismes de régulations biologiques pour choisir les techniques qu’il utilisera. L’objectif de cette agriculture, contrairement à une agriculture intensive, est de limiter l’utilisation des substances chimiques (tout en ayant une agriculture productiviste), afin de minimiser l’impact sur l’environnement. Trouver un juste équilibre entre les objectifs de productivité de l’agriculture moderne conventionnelle et les contraintes d’une agriculture respectueuse de l’environnement, tel est le principe de cette agriculture raisonnée.

En France, l’agriculture raisonnée est défendue par le réseau FARRE (Forum de l’Agriculture Raisonnée Respectueuse de l’Environnement). Les exploitants agricoles qui respectent les principes de l’agriculture raisonnée se voient attribuer une certification. Ce type d’agriculture se rapproche de l’agriculture biologique, sans en adopter toutes les contraintes et sans pouvoir en revendiquer le nom.

En effet, une agriculture biologique se définie par des pratiques de culture et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Elle exclut donc tout usage de produits chimiques, de synthèse ou des OGM, et limite l’utilisation d’intrants (comme les engrais azotés). Une agriculture biologique est finalement une agriculture naturelle comme le pratiquaient nos ancêtres. Le logo « AB », présent sur les produits certifiés bio, signifie qu’aucun élément chimique n’est présent dans ces produits, et qu’ils respectent le cahier des charges de l’agriculture biologique correspondant à leur catégorie (légumes, fruits, viandes, poissons).

 

L’agriculture raisonnée gagnante face à l’agriculture bio ?

Certes il parait normal que personne n’aime lorsque son alimentation est contaminée par des produits chimiques, tout le monde préfère des produits 100% naturels, logique !

Et pourtant, si l’agriculture raisonnée répondait mieux que l’agriculture biologique aux attentes et aux contraintes de la consommation moderne ?

En effet, elle répond aujourd’hui de plus en plus aux exigences de qualité et de volume. L’éternel débat autour de la question « est-ce que le bio pourrait nourrir toute la planète » persiste encore et toujours. Certain affirme que la production de produits bio ne suffirait pas en volume pour nourrir tous les hommes, et qu’il faudrait, dans ce cas, augmenter les importations, ce qui est peu bénéfique d’un point de vue écologique. D’autres cependant restent persuadés que la seule et l’unique façon de nourrir convenablement 9 milliards d’hommes c’est le bio. Tout est dans la répartition de la production dans le monde.

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Il s’avère parfois difficile de respecter les contraintes draconiennes de la charte du bio pour les agriculteurs suivant les contextes. Plusieurs cultivateurs bio ont dû utiliser des produits chimiques pour faire face à différentes épidémies massives. Ils ont alors perdu leur label bio, et il leur faudra trois années avant de pouvoir le retrouver. En attendant ils sont considérés comme des agriculteurs raisonnés.

Récemment, des scientifiques de l’Université d’Oxford ont pu constater que des fermes pratiquant une agriculture raisonnée seraient plus écologiques que les fermes conventionnelles, mais aussi que des fermes biologiques !

Ils ont en fait comparé l’empreinte écologique de chacune de ces fermes dans leurs fonctionnements et en sont arrivés à la conclusion suivante : des fermes qui cherchent à maximiser leurs rendements tout en utilisant des techniques respectueuses de l’environnement (comme la rotation des cultures, les engrais biologiques, l’utilisation minimale des pesticides et du matériel agricole, l’importance du rôle des insectes) utiliseraient finalement moins d’énergie que les fermes bio par kilo d’aliments produits, et généreraient également moins de gaz à effet de serre. Ces résultats s’appuient, entre autres, sur le fait qu’une agriculture biologique nécessite beaucoup plus de terres pour cultiver la même quantité de nourriture que les autres types d’agricultures.

 

Des agriculteurs raisonnés tournés vers une agriculture bio ?

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Pratiquer une agriculture raisonnée attire de plus en plus d’agriculteurs. Nous pouvons donc espérer qu’avec des changements progressifs de leurs pratiques, ils soient toujours plus respectueux de l’environnement, et décident petit à petit de se tourner vers une agriculture biologique. En effet, agriculture raisonnée et agriculture bio ne sont pas incompatibles, bien au contraire.

 

L’idéal pour l’agriculture future serait peut-être de trouver un juste milieu entre ces deux modèles ?

 

 

Avez-vous également lu notre article sur la Fête de la Nature ?

Sources : Conso Globe, Econovateur,  Environnement Doctissimo

 

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