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La pollution sonore

Écrit par Deruyck   
Lundi, 09 Décembre 2013 11:39

baleineUne équipe américaine vient d’estimer à l’échelle du globe que les navires marchands et pétroliers créent une pollution sonore. Les cétacés seraient les premières victimes d’une explosion de source de bruit dans le milieu marin.

Cétacés en péril

Là où le son remplace la vue, les cétacés ne pourraient plus pouvoir communiquer ni s’orienter. Le rapport avec les sources sonores sur ces mammifères est similaire à celui que nous avons avec notre vision. Pour ces mammifères, le son est vital. Ils en produisent pour communiquer, pour trouver leurs proies, pour s’orienter. Si une source empêche cette bonne réception de ces sons, cela va être synonyme de la mort du mammifère.

Les missions de cette recherche

Au cours des cinquante dernières années, le nombre de bateaux fréquentant les océans a triplé. 90 % des transports de marchandises se font par bateau.  Aujourd’hui on compte 50 000 navires de commerce en service dans le monde. La panoplie de sonar pour détecter les bancs de poissons ou repérer les sous marins s’est sophistiquée. Les mammifères marins, entendent les moteurs des ferrys, des scooters des mers mais aussi les balises acoustiques destinées à éloigner des filets de pêche ; ou encore les tirs de canons aériens comprimés utilisés par les compagnies d’exploration pétrolière pour situer les dépôts d’origine fossile.

 

La première mission de cette recherche est de faire connaître au grand public, l’importance de cette pollution sonore. Le son se propage cinq fois plus vite dans l’eau que dans l’air. Les fréquences les plus basses, vont voyager sur plusieurs centaines voir milliers de kilomètres. Tout dépend aussi de la composition chimique de l’eau. L’augmentation du taux de Co2 et donc de l’acidité des océans qui depuis deux siècles aurait eu pour conséquence une chute de 10 % de la capacité des mers à absorber les sons à basse fréquence. Mais l’existence de lésions physiques dues à ces agressions sonores restent à prouver. C’est pourquoi, des chimistes américains ont analysé le cérumen accumulé dans les conduits auditifs d’une baleine bleue mâle durant sa vie. Jouant le rôle d’archivage de données, ses bouchons d’oreille ont montré qu’elle a été exposée au mercure et à des polluants organiques persistants (POP). Ils ont aussi révélé des pics de cortisol (une hormone), qui suggèrent que l’animal a subi des stress très importants. Cette approche par le « profil chimique » devrait faciliter l’évaluation de l’impact des activités humaines sur ces véritables sentinelles de l’environnement.

 

La seconde mission est de qualifier et quantifier l’impact du trafic maritime sur les mammifères marins. Pour cela, les chercheurs ont dressés une carte acoustique des côtes espagnoles. Dans les îles Baléares, ils ont pu identifier la présence de différents types de bateaux. Chaque bateau par la présence de moteur, de générateur, d’hélices produit des vibrations qui se projettent dans le milieu marin. Les chercheurs peuvent enregistrer ces vibrations et en dresser le spectre. Dans ce même milieu, se trouve des cétacés. De la même façon, les chercheurs ont identifié les cinq espèces qui sont les plus représentatives sur les côtes espagnoles. Le vocal de ces mammifères marins est commun, ils produisent des sons à basse fréquence. Ils peuvent donc comparer les deux spectres. L’intérêt de cette application est de croiser les informations sur le trafic maritime avec la présence des groupes de cétacés.

 

La prochaine étape est d’enregistrer le même type de données mais à grande profondeur. C’est le projet « LIDO ». Le laboratoire est membre d’un réseau européen qui comprend une série d’observatoire sous marin disposée au-delà de 3000 mètres de profondeur. Ce réseau a été créé pour détecter les risques géophysique, c'est-à-dire, les tsunamis, les tremblements de terre. Les enregistrements doivent permettre de dire si le trafic maritime est entrain de perturber ou non leur comportement.

 

Les sources sonores qui sont introduites par les activités humaines dans le milieu marin ne sont pas régulées. C’est là le gros problème.

 

Source : Ifaw, sciences et vie, Maxi sciences, Slow food