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Les décharges à ciel ouvert : des conditions de vie inhumaines…

Écrit par Audrey Peeters   
Lundi, 09 Mai 2011 13:38

cambodge-decharge
Il existe encore une multitude de décharges à ciel ouvert dispersées aux quatre coins du monde. Une triste réalité qui permet à certaines familles de vivre, ou plutôt de survivre. Qui sont ces gens qui naissent, grandissent, vivent et travaillent dans les plus grandes décharges du monde ? Quels sont les problèmes qui se posent lorsqu’on veut leur venir en aide ?

Que ce soit la décharge publique de Guatemala city en Amérique centrale, celle de Dandora en Afrique ou encore celle de Stung Mean Chey au Cambodge, elles ont toutes des points communs.

Qui sont ces gens qui vivent parmi les ordures ?

Les personnes qui vivent, travaillent et meurent dans les décharges à ciel ouvert sont d’une pauvreté extrême. Ce sont des individus de tout âge, des milliers d’enfants, de jeunes adultes, des familles... Ils habitent bien souvent sur la décharge elle-même, dans des abris de fortune et occupent de manière illégale les terrains alentours. On y rencontre deux types de familles, celles qui se battent au quotidien pour préserver leur unité et les familles déchirées qui ont abandonné le combat. Les enfants quant à eux commencent bien souvent à ramasser les déchets dès l’âge de quatre ans, on les appelle les enfants travailleurs ou les enfants des rues. Ces jeunes à qui l’on confie des responsabilités qui ne sont pas de leur âge apprennent à survivre avant d’apprendre à vivre.

Que récupère-t-on dans les décharges ?

• Du plastique
• Du fer et autres métaux
• Des bouteilles et morceaux de verre
• Du papier et du carton



Source photos : megaportail.com


Quels sont les grands dangers que l'on rencontre dans les décharges ?

Les habitants des décharges travaillent dans des conditions extrêmement dures et précaires :
• Les terrains sont sans cesse remués, il y a de forts risques d’effondrement et d’éboulement, il n’est pas rare que des enfants meurent ensevelis sous une montagne de déchets.
• De plus, l'odeur est insupportable, de nombreux gaz toxiques s’échappent des déchets.
• La pollution est très concentrée et l’exposition quotidienne des travailleurs est particulièrement néfaste pour leur santé.
• Les insectes sont très présents et repandent toutes sortes de maladies.
• Les habitants des décharges ne reçoivent bien souvent aucun soin lors d’accidents (chutes de camion, coupures sur des morceaux de verre ou de métal, éboulements...)
• Dans certaines décharges, les enfants se droguent à la colle dès leur plus jeune âge.
• Les travailleurs sont sans cesse exposés à l'insalubrité, aux intempéries, à la saleté, aux moisissures et à divers produits toxiques.



Source photos : megaportail.com


Par quels moyens les aider ?


Les projets de déplacement des populations ne marchent pas...

Lorsque des plans de relogement à la périphérie de la ville sont mis en place, les habitants des décharges refusent d'y aller et les familles qui se sont portées volontaires reviennent. Eloigner ces gens de leur "gagne pain" quotidien ne leur convient pas, en effet, un logement ne leur sera d'aucune utilité s'ils perdent leur revenu.
Une solution possible serait d'aménager des petits logements sur les décharges elles-mêmes afin de ne pas perturber l'équilibre des populations. Et bien sûr, ce genre de projet rencontre plus de succès.

Les soins médicaux ne permettent pas toujours de les aider

Exemple d'un homme qui tombe d'un camion et se fracture la jambe : Après avoir reçu des soins, le travailleur de la décharge se retrouve plâtré, au bout de quelques jours seulement, ce dernier retirera son plâtre car avec lui, il ne pourra pas travailler. La solidarité ne marche qu’un temps, les travailleurs des décharges ont à peine de quoi manger, ils n’ont pas les moyens d’aider une personne dans le besoin. La jambe de cet homme ne sera donc jamais totalement remise de l’accident. Du moins, c'est ce que nous rapportent des témoignages sur la décharge publique du Guatémala.

Chaque intervention des municipalités, ONG ou différentes associations doit prendre en considération chaque aspect de la vie dans les décharges, un plan de relogement ne suffit pas, un plan sanitaire ne fait pas l'affaire s'il n'y a pas un accompagnement alimentaire ou financier en parallèle.

Il faut donc créer des aides en prenant en compte la relation de dépendance entre ces populations et la décharge afin d’améliorer leur mode de vie.

Cambodge, les enfants de la décharge : les images

Depuis 1996, un grand nombre d'enfants de la décharge de Stung Meanchey est pris en charge par l’ONG “Pour Un Sourire d’Enfant”, voici quelques images qui nous laissent sans voix.

Cambodge : Les enfants de la décharge de Benoit Bringer sur Vimeo.