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Déjà sinistré par un séisme de magnitude 9 et par le tsunami qui l'a suivi, le Japon est maintenant sous la menace d'un accident nucléaire de grande envergure.
Lors du séisme, les réacteurs ont été arrêtés lors d'une procédure automatisée, et les systèmes de refroidissement de secours se sont mis en route. Mais le tsunami qui a suivi a tout détruit sur son passage. Sans le système de refroidissement, l'accident nucléaire de grande envergure est possible...Depuis, les ingénieurs et techniciens nucléaires luttent pour contenir la pression à l'intérieur des enceintes de confinement. La chaleur due aux fissions précédant l'arrêt reste cependant très élevée en l'absence des systèmes classiques de refroidissement, et les spécialistes tentent des opérations extrêmes pour éviter le pire.
«Nous sommes dans l'urgence absolue», affirme la patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, à propos de la catastrophe nucléaire à Fukushima-Daiichi. Elle souligne en outre qu'il fallait «trouver tous les moyens» pour refroidir la centrale.
Cinq centrales sont concernées: les deux centrales situées à Fukushima: Fukushima Daiichi et Fukushima Daini, celle de Oganawa, d'Ibaraki et la centrale Tokaï.
La plus touchée est Fukushima 1 (Daiichi).
En l'absence d'eau potable, de l'eau de mer avec ajout de bore (produit empêchant la fusion du coeur du réacteur) a été déversée dans les réacteurs, mais les combustibles des trois réacteurs sont toujours hors de l'eau, ce qui entraîne un risque de fusion et de rejet massif de matière radioactive dans l'atmosphère. La pression à l'intérieur des réacteurs est très élevée, c'est pour cette raison que les opérateurs de la centrale ont effectué des relâchements volontaires de vapeur d'eau radioactive afin d'éviter de nouvelles explosions.
Le réacteur n°1 a explosé samedi suite à une surpression. La fusion a eu lieu, le coeur est partiellement fondu sans abîmer l'enceinte de confinement mais la situation est pour le moment stabilisée.
Le réacteur n°2 est dans une situation critique. Il a explosé mardi, en endommageant le bâtiment, l'enceinte de confinement et la piscine de rétention. Une brêche de 8 mètres est visible, permettant à la matière radioactive de s'échapper dans l'atmosphère... Ces rejets ont par ailleurs contaminé légèrement un porte avion américain, le Ronald Reagan."Les rejets radioactifs dans l’environnement sont importants." (…) "Dans tous les cas, des mesures de long terme seront nécessaires pour la protection de la population et de l’environnement dans la zone impactée" selon l'Autorité de Secours du Nucléaire.
Le réacteur n°3 est dans la même situation que le réacteur n°2, des opérations de refroidissement sont encore en cours: des hélicoptères et des canons à eau déversent de l'eau pour tenter de ralentir la fusion du coeur. L'enceinte de confinement pourrait ne pas être étanche.
Le réacteur n°4 était arrêté au moment du séisme. Il servait à refroidir les combustibles usagés (il faut plusieurs années d'un tel refroidissement pour que le combustible puisse être stocké en tant que déchet). Cependant, la piscine de stockage des combustibles usés s'est retrouvée asséchée suite à des explosions et incendies en chaîne mardi. Les rejets radioactifs dans l'atmosphère pourraient être aussi importants que ceux de Tchernobyl si le refroidissement n'était pas réussi.
Les réacteurs 5 et 6 augmentent également en température, mais leur situation est stable pour le moment.
Une explication en vidéo ci-dessous:
Accident nucléaire Fukushima Daiichi from Agence de Presse IDE on Vimeo.
Selon le Daily Telegraph, Wikileaks avait révélé que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait prévenu il y a deux ans le Japon qu’un séisme important pourrait poser «un problème sérieux» à ses centrales nucléaires. Un câble diplomatique américain révèle qu'un expert de l'AEIA s'était inquiété de ce que les réacteurs japonais n'étaient conçus que pour résister à des séismes d'une magnitude de 7 degrès.

Les autres centrales inquiètent moins
A Fukushima Daini, la situation est moins préoccupante. Les systèmes de refroidissement sont opérationnels, mais une procédure de relâchement de vapeur d'eau dans l'atmosphère a été effectuée. Elle est cependant moins grave que dans le cas de Daiichi, qui utilise un produit de fission plus radioactif que celui de la centrale de Daini.
A Oganawa, la situation semble être maîtrisée, mais des mesures de radioativité anormalement élevée ont été constatées. L'état d'urgence a donc été déclaré, bien qu'il semble probable que la pollution provienne de la centrale de Daiichi. Une panne du système de refroidissement avait été signalée dès le premier jour, sans plus de précisions depuis. La situation est sensiblement la même à Tokoaï.
Une autre centrale pose problème, celle d'Ibaraki, à seulement 120 km au nord de Tokyo. Une pompe du système de refroidissement du réacteur n°2 a cessé de fonctionner.
Le danger: une fusion du coeur.
Elle peut arriver à partir de 1200° celsius. Cette fusion pourrait créer une sorte de lave qui pourrait potentiellement détruire la cuve et l'enceinte de confinement et relâcher à l'air libre les produits radioactifs comme le Mox (mélange d'oxyde d'uranium et d'oxyde de platonium) utilisé à Daiichi ou l'iode et le césium, encore plus dangereux.
Selon Greenpeace, André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de sûreté nucléaire a indiqué qu’il avait "le sentiment" que les événements survenus au Japon dans la centrale de Fukushima se situaient "au niveau 5 et peut être au niveau 6" sur l’échelle internationale des événements nucléaires, qui sert à en mesurer la gravité. Samedi, les autorités japonaises avaient classé l’incident au niveau 4. Alors que les répliques continuent, 215 000 personnes ont été évacuées autour des centrales.
«Il pourrait y avoir des retombées radioactives dans l'hémisphère Nord et en petite partie en France mais sans risque sanitaire», a dit NKM lors de son audition en Commission à l’Assemblée nationale
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