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Véritable Eldorado : la rose kényane

Écrit par Audrey Peeters   
Mardi, 15 Février 2011 11:47

rose du kenyaLes Français achètent chaque année 22 millions de bouquets de roses. Vous êtes-vous déjà posé la question « D’où viennent-elles ? » La majeure partie des roses que nous consommons est importée du Kenya. Bien sûr, nous faisons également appel à des producteurs locaux pour trouver la célèbre fleur mais celle-ci ne pousse pas toute l'année bien qu'on la retrouve 365 jours par an chez notre fleuriste préféré...

"Le Kenya est devenu le premier producteur mondial de fleurs"

L’activité florale du Kenya a commencé en 1972. Aujourd’hui, et depuis déjà quelques années, le Kenya est devenu le premier producteur mondial de fleurs grâce à son climat avantageux et son sol de qualité. Autrement dit, dans des zones comme celles-là, pas besoin de respecter les saisons et les récoltes s’enchaînent beaucoup plus vite.

Pour importer les fleurs des pays de l'hémisphère sud jusqu'en Europe, le mode de transport privilégié est l'avion dans 85% des cas avec un impact négatif de 570 à 1580 g de CO2 émis par tonne de roses et par kilomètre. Pour se faire une idée de l’importance économique du phénomène, sachez que 50 000 personnes vivent de la floriculture au Kenya, sans parler des activités secondaires.

"Economiquement, la rose fait vivre la région, voir même le pays"

Nous sommes nombreux à penser que l’avenir de l’Afrique dépend de la responsabilité sociale de l’entreprise et non de l’état. En effet, depuis que la "vallée des roses" existe et que l’agriculture florale s’est développée, les ouvriers ont pu bénéficier de logements par l’entreprise, des hôpitaux ainsi que des écoles et des cantines ont vu le jour. Mais attention, cela ne veut pas dire que les ouvriers  sont forcément bien rémunérés! Certaines villes du Kenya comme Naivasha ont vu leur population quintupler en 10 ans seulement. Les entreprises florales jouent donc un rôle prépondérant dans la qualité de vie des Kenyans. La rose sauve un grand nombre de personnes de la misère.

"Le problème n’est donc pas social mais plutôt écologique."

Malgré une connaissance encore limitée sur l’impact écologique de ces fermes de fleurs, on constate déjà des abus dans l’exploitation du lac Naivasha. Le Naivasha est l'un des lacs d'eau douce les plus importants de la vallée du Rift, un grand nombre de vies humaines et animales en dépendent. Selon les associations, les canaux creusés par les cultivateurs de fleurs assèchent le lac. La faune et la flore sont en péril autour de ce précieux point d'eau, les espaces naturels ont été remplacés par d'immenses serres. De plus, l'usage intensif des pesticides dans les serres et la mauvaise gestion de l'eau "propre" pourraient faire de ce lac un étang boueux malodorant qui devrait même devenir toxique d’ici quelques années. Autrement dit, le Kenya devra faire face à une catastrophe écologique et économique si le lac disparaît.

La grande question est : Faut-il boycotter les roses du Kenya?

Le lac Naivasha menacé de disparition au Kenya - La voix du Nord
Le lac de Naivasha, à l'entrée de la grande Vallée du Rift, est un des sites naturels les plus populaires - mais il pourrait ne pas le rester très longtemps. Les niveaux d'eau chutent rapidement, ce qui a un effet dévastateur sur la faune de la région.
 

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