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Pompage d'une poche d'eau glaciaire dans le massif du Mont Blanc

Écrit par Roxane Grioche   
Lundi, 30 Août 2010 15:45

Les travaux de pompage ont débuté mercredi dernier dans le massif du Mont Blanc pour éliminer une poche d'eau glaciaire de 65.000 m3 menaçant d'inonder la vallée de Saint-Gervais.Le chantier, installé à 3.200 mètres d'altitude sur le glacier de Tête-Rousse, devrait durer environ deux mois. Entre cinq et dix personnes vont se relayer 24h sur 24 et sept jours sur sept afin de vider cette poche d'eau dont on ignore toujours l'origine exacte.

Chamonix74-015Les travaux de pompage ont débuté mercredi dans le massif du Mont Blanc pour éliminer une poche d'eau glaciaire de 65.000 m3 menaçant d'inonder la vallée de Saint-Gervais.

La nappe a été repérée par les chercheurs du CNRS au mois de juillet au fond du glacier de la Tête-Rousse et d'importants travaux de sécurisation, ainsi que l'installation d'alarmes, ont été réalisés avant de lancer l'opération de pompage.

Les scientifiques estiment que cette situation est exceptionnelle car l'eau contenue dans les glaciers se vidange habituellement de façon naturelle par ruissellement. Dans le cas de Tête-Rousse, le glacier, très froid, a gardé l'eau prisonnière.

Les travaux consistent à percer la calotte glaciaire jusqu'à 75 mètres de profondeur pour atteindre la poche d'eau.

Grace à une pelle araignée et un système de forage thermique, le percement a commencé mercredi à raison de cinq mètres par heure. Le pompage permettra à terme d'absorber 150m3 d'eau par heure.
"Le risque provient de la forte pression de l'eau qui menace de faire sauter le bouchon de glace comme une cocotte-minute", explique Nicolas Carre, maître d'oeuvre du chantier.
"Avec le début du pompage, la pression de l'eau sera beaucoup moins importante et donc le risque (d'inondation) sera fortement diminué", ajoute-t-il.

"ÉPÉE DE DAMOCLÈS"

L'eau pompée sera rejetée autour d'un glacier, à très faible débit mais une fois que la poche sera vidée, il n'est pas exclu qu'elle se remplisse à nouveau dans les mois ou les années à venir, ce qui alimente la peur des habitants.
En 1892, une inondation de la vallée avait fait 175 morts.

Le coût de ces travaux est estimé à 2,5 millions d'euros, dont deux millions consacrés à la sécurisation du site et au pompage et 500.000 euros pour le plan de sauvegarde qui consiste à alerter les habitants en cas de catastrophe.
Ils seront financés en partie par l'Etat, par les collectivités locales et le fonds dédié aux catastrophes naturelles.

 

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