Paris : les voies sur berges aux piétons, pour ou contre ? |
| Écrit par Tiphaine |
| Lundi, 16 Janvier 2012 17:20 |
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La Mairie de Paris a beaucoup d’ambitions en ce qui concerne la dépollution de la capitale. Après les Vélib’ et les Autolib’, c’est dans cette continuité d’assainissement de l’atmosphère que le projet concernant les voies sur berges piétonnes a vu le jour. En effet, la capitale met en place beaucoup de mesures pour inciter les parisiens à choisir des moyens de transport toujours plus écologiques. Du vélo, à la voiture électrique, en passant par l’utilisation des transports en commun, tout est bon pour réduire la pollution… Alors pourquoi ne pas continuer sur cette lancée et proposer la restitution des voies sur berges aux piétons avec des aménagements d’espaces verts?! La question fait débat auprès des politiciens. Bertrand Delanoë est à l’origine de ce réaménagement visant à rendre piétonne une partie des berges de Seine de la rive gauche entre le pont Royal et le pont de l’Alma, soit 2,3 km de long, et ce, dès juin 2012. François Fillon émet des réserves concernant ce projet. Etant donné que l’Etat est propriétaire de cette fameuse rive gauche, le premier ministre demande de « revoir » ce projet. Il ne veut en rien s’opposer définitivement aux projets de la ville, mais il préfère simplement s’assurer « de leur maturité effective ». Le premier ministre est attentif aux nuisances que ce projet peut amener. « Je tiens particulièrement à ce qu’elles puissent être anticipées, ce qui suppose de connaitre la nature des aménagements ». Les quais parisiens sont classés au « patrimoine mondial de l’humanité » par l’Unesco, leur aspect minéral doit donc être conservé.
Il souhaite également avoir une étude « précise et indiscutable » de la ville sur les futures perturbations engendrées sur la circulation automobile. En effet, l’Etat est également « responsable des règles de circulation sur les axes structurants », et il doit « assumer sa responsabilité à l’égard de nos concitoyens ». Le Maire de Paris rétorque puisqu’une étude de circulation a été fournie à l’Etat en octobre 2010, complétée en avril 2011. Celle-ci a été validée par les services du ministère de l’Equipement en juin 2011. Elle montre cependant une certaine dégradation des trafics. De nombreuses incertitudes sur les embouteillages provoqués par la fermeture de ces voies inquiètent… Un exemple de ce début d’année vient renforcer cette idée. La crue de la seine a obligé les autorités à fermer les voies sur berges de la rive gauche entre le point de Bercy et le pont d’Austerlitz, et entre le pont Royal et le pont de l’Alma. Quelques mois avant la fermeture définitive du trafic, les constatations sont là : le trafic a été sérieusement perturbé. Rachida Dati ajoute « Cette situation donne une idée des conséquences du projet (…) : ralentissement de l’économie parisienne, nuisances environnementales pour les riverains, mobilisation inutile des effectifs de police, aggravation des embouteillages, augmentation du temps de circulation pour les automobilistes et difficultés d’accès accrues pour les services d’urgence et de secours ». Des aménagements supplémentaires seront à prévoir dans le futur. Des travaux concernant une troisième voie de circulation sur les quais Anatole France, seront notamment réalisés, en réduisant la largeur du couloir de bus. Bertrand Delanoë a promis que ces aménagements ne rallongeront la traversée de Paris que de six minutes…
Pour réaménager ces berges, la Mairie de Paris a choisi une équipe composée d’architectes, d’urbanistes, et d’organisateurs d’évènements sportifs. Didier Fuselier, le directeur du festival Lille 3000, sera à la tête de ce projet. Ils ont d’ailleurs annoncé que l’espace serait arrangé avec des aménagements réversibles : tables, bancs, bornes acoustiques, serres, jardins flottants, salles d’exposition, gradins… Au-delà de l’aspect pratique de ce projet, vient s’ajouter le coût des investissements. La Mairie estime des coûts annuels de fonctionnement d’environ 5 millions d’euros, auxquels il faudra ajouter les investissements initiaux de 35 millions d’euros. La lutte contre la pollution de la capitale et l’encouragement d’aménagement d’espaces verts a un coût... Sacré coût tout de même ! |

