La mission d’information sur l’énergie éolienne de l’Assemblée Nationale a rendu une première ébauche de son rapport mardi. Les conclusions ne favorisent pas l’énergie éolienne.
L’objectif de cette mission parlementaire sur l’éolien était d’établir un cadre juridique pour l’installation d’éoliennes en France et de rédiger des propositions d’amendements au projet de loi Grenelle 2.
En France, 3500 éoliennes étaient installées fin 2009, produisant environ 4500 gigawatts d’électricité. La France s’est engagée à ce que l’énergie éolienne représente 10% de sa production d’électricité d’ici 2020. Actuellement, elle ne représente que 2%. Pour atteindre cet objectif, il faudrait qu’environ 9000 éoliennes soient installées sur le territoire.
La France, qui dispose pourtant du 2ème potentiel de vent en Europe, se place au 7ème rang de l’éolien mondial, derrière l’Allemagne, les Etats-Unis…
Le rapport, dirigé par le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée, Patrick Ollier, recommande un durcissement des règles d’installation des éoliennes ainsi qu’une diminution des tarifs de rachat de l’électricité.
"Nous ne sommes pas contre l'éolien, mais pour un développement réglementé et organisé", affirme M. Ollier, qui souhaite principalement « limiter les installations isolées ». "Aujourd'hui on est dans une telle équivoque que rien n'avance" a-t-il ajouté.
Les recommandations de ce rapport sont loin de faire l’unanimité en France, puisque Philippe Plisson, député du Parti Socialiste, a démissionné de cette mission d’information sur l’énergie éolienne, en dénonçant des « conclusions à connotation anti-éoliennes ».
Selon Martine Billard, porte-parole du Parti de Gauche, "le lobby nucléaire a décidé de tuer l'énergie éolienne qui lui fait concurrence".
En plus de ce rapport qui ne favorise pas l’énergie éolienne, la Fédération environnement durable (FED), qui milite contre l’implantation d’éoliennes, réclame un moratoire afin d’interdire toute nouvelle installation d’éolienne en France. Pour justifier cette demande, la FED s’appuie sur un sondage publié récemment par le site internet LeFigaro.fr, qui n’a pourtant aucune valeur représentative.
Amaury Luthun
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