Ce jeudi débute à Paris la conférence ministérielle internationale sur le rôle des grands bassins forestiers (Amazonie, Congo, Indonésie) dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’objectif de cette conférence est de mettre en place une stratégie mondiale de lutte contre la déforestation.
Une trentaine de pays des grands bassins forestiers d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie, ainsi que 12 délégations des pays bailleurs de fonds seront présents lors de cette conférence, qui avait été annoncée à l’issue du Sommet de Copenhague par Nicolas Sarkozy.
Dans un communiqué de presse, les ministères français des affaires étrangères et européennes, et du développement durable ont défini les objectifs de cette conférence : "L'objectif partagé est de mettre en place un partenariat ouvert à tous les pays qui souhaitent avancer ensemble dans la mise en œuvre d'une stratégie globale de lutte contre la déforestation".
Grâce à son expertise scientifique et à ses techniques forestières développées, la France espère jouer un rôle majeur dans cette lutte contre la déforestation, considérée comme « la deuxième cause majeure du réchauffement de la planète ».
En effet, la déforestation influe fortement sur le réchauffement climatique : environ 20% du dioxyde de carbone rejeté dans l’air provient de l’abattage, de la combustion, et de la décomposition des arbres. Ce qui équivaut à l’ensemble des émissions de tous les moyens de transports en circulation. Cette déforestation massive a notamment fait de l’Indonésie et du Brésil, les troisième et quatrième pays qui émettent le plus de CO2 de la planète.
Parmi les 10 pays qui connaissent la perte nette de forêts la plus importante par an, six se trouvent en Afrique. Environ 13 millions d’hectares de forêts sont détruites chaque année.
Durant la conférence, le programme de réduction des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation forestière dans les pays en développement (REDD) sera au cœur du débat. Ce dernier prévoit la réduction de moitié de la déforestation des pays pauvres d’ici 2020, et souhaite y mettre définitivement fin d’ici 2030.
Ce plan d’action pourrait être financé de deux façons : soit par l’aide des pays riches, soit par le commerce de permis d’émissions de CO2 (les pays qui n’ont pas atteint leur plafond d'émissions auraient la possibilité de revendre leur "surplus" aux autres). L’ONU estime que le REDD pourrait générer plus de 20 milliards d’euros par an pour la protection des forêts dans une quarantaine de pays tropicaux.
Une seconde conférence sera organisée fin mai à Oslo en Norvège.
Amaury Luthun
Source : Associated Press
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