Au lendemain de l’annonce de la Commission Européenne de sa décision d’autoriser la culture de la pomme de terre génétiquement modifiée Amflora de la société allemande BASF, les OGM restent étonnement absents du Salon de l’agriculture qui se déroule actuellement.
Les plus grands défenseurs de l'introduction des OGM en France veulent éviter de s'attirer les foudres des organisations antis-OGM.
BASF, par exemple, ne tient aucun stand sur le salon. "La décision de la Commission est tombée par surprise et nous prévoyons trois mois à l'avance notre présence sur le Salon" explique Jean-Marc Petat, responsable communication chez BASF au quotidien Le Monde. "Et puis, c'est de toute façon inutile d'en parler au public français. Nous n'avons nullement l'intention de commercialiser cette pomme de terre en France pour l'instant : les industriels n'en veulent pas à cause de la pression des anti-OGM !".
De leur côté, le Groupement national interprofessionnel des semences (GNIS), et l’Union de l’industrie de la protection des plantes (UIPP) qui compte parmi ses membres les plus gros producteurs de pesticides, se font très discrets. Aucune affiche ventant les mérites des OGM sur leurs stands, et le terme « génétiquement modifié » n’y est même pas présent.
Jean-Charles Bouquet, directeur de l’IUPP, s’explique : "Chaque année, on a déjà le droit à la visite des anti-OGM, c'est inutile de les provoquer.".
Il reconnaît également avoir beaucoup de mal à communiquer envers le grand public pour promouvoir les OGM : "On n'y arrive pas, il est trop tôt, ce sujet est encore trop émotionnel".
De son côté, la Confédération paysanne ne se gène pas pour utiliser le terme OGM sur son stand, pour justement dénoncer les méfaits des OGM.
Victoire donc, pour les antis-OGM au Salon de l’agriculture. L’opinion publique française n’est pour l’instant pas favorable aux OGM. Pourvu que ça dure…
Amaury Luthun
Source : Le Monde, 03/03/2010, Au Salon de l'agriculture, les anti-OGM gagnent la bataille de la communication, par Jean-Baptiste Chastand
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