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Tempête Xynthia : La responsabilité humaine au cœur du débat

Écrit par Amaury Luthun   
Mardi, 02 Mars 2010 14:55

Il est sûr que la tempête Xynthia qui a dévasté la France ce week-end n’était pas évitable. Mais qu’en est-il des dégâts engendrés par Xynthia ? Le nécessaire a-t-il été mis en place pour protéger la population ? La responsabilité humaine est aujourd’hui pointée du doigt.

Un triste bilan se dresse après cette catastrophe : 51 victimes sont à déplorer, et 8 personnes sont toujours portées disparues. Sans compter les centaines de familles qui ont tout perdu : maison, voiture, mobilier….

Tempte_Xynthia__SIPADeux jours après le drame, le débat est ouvert : Quelle est la responsabilité de l’homme, des autorités, dans les dégâts engendrés par la tempête ? Trois éléments sont mis en cause.


L’évacuation des zones sinistrées


On peut se demander pourquoi les autorités n’ont pas ordonné l’évacuation des zones sinistrées avant la tempête, alors que Météo-France avait clairement alerté sur les dangers qu’elle représentait. En effet, dès vendredi soir, un premier avis de tempête était publié par Météo-France, prévoyant une tempête « d’une force et d’une ampleur peu commune ». En Vendée, la préfecture a indiqué que l’ordre d’évacuer une commune est du ressort du maire. René Marratier, maire de la Faute-sur-mer, l’une des communes les plus touchées par la catastrophe, a déclaré à France-Soir que « Evacuer ou non, c’est presque du ressort de l’Etat… ».

Météo-France avait donc vu juste dans ses prévisions, il reste donc à déterminer quel acteur aurait dû ordonner les évacuations. L’Etat ? Les préfectures ? Les mairies ?


Les digues sont-elles assez efficaces ?


La France possède 10 000 km de digues, dont 1000 à risques. Les digues permettent de protéger les littoraux jusqu’à un certain niveau, mais n’assurent pas une sécurité infaillible. A l’Aiguillon-sur Mer et La Faute-sur-Mer en Vendée, la digue a été construite en 1784, il y a plus de 200 ans. Selon les habitants des deux communes, cette digue n’était pas assez bien entretenue, et était plutôt « rafistolée ». Cette dernière a donc cédé à plusieurs endroits.  Il s’avère important que les digues soient mieux entretenues et plus souvent renforcées, ce qui n’est aujourd’hui pas le cas. En France, il n’existe aucune structure nationale pour gérer la totalité des digues, ce qui vient compliquer la tâche. Il est donc difficile d’identifier clairement les responsables de la restauration des digues.

 

Des constructions inadéquates en bord de mer


Depuis 1999, plus de 100 000 habitations ont été construites dans les zones inondables malgré les risques connus. La règlementation est-elle assez sévère ? Pour faire construire dans une zone inondable, il faut obtenir un permis de construire par le PLU (Plan Local d’Urbanisme) ou par le PPR (Plan de Prévention des Risques).

Trois zones sont établies par le PPR : les zones à risque élevé (zones rouges), les zones à risque moyen (zones bleues) et les zones présumées sans risque (zones blanches). Les permis de construire sont interdits dans les zones rouges, qui contiennent néanmoins des logements construits depuis de nombreuses années, et qui ne peuvent pas être détruits. Pour les zones bleues, c’est au PPR de délivrer le permis de construire, en soumettant le constructeur à certaines normes de sécurité. Enfin, c’est la mairie qui accorde les permis en zone blanche selon le PLU en vigueur.


Comment expliquer alors, que tant d’habitations soient construites sur des zones inondables ? Il paraît urgent de renforcer cette règlementation.


L’homme a donc bel et bien sa part de responsabilité dans les dégâts engendrés par la tempête.


Amaury Luthun

 

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