Comment construire l'avenir du continent africain de manière durable?

Écrit par Audrey Peeters   
Lundi, 29 Novembre 2010 14:39

Aujourd'hui, la croissance économique de l'Afrique connait une véritable accélération : les investissements sont élevés et la pauvreté diminue. La RSE (responsabilité sociale des entreprises) permet au continent d'offrir une meilleur qualité de vie aux Africains tout en se développant. La conférence nous donne un regard nouveau sur l'Afrique, un message d'espoir et de solidarité à l'abri de tout cliché.


C'est au World Forum de Lille que nous avons assisté à cette conférence . Au micro, trois intervenants : Lydienne Mouloby, Alain Capo Chichi, Maggy Barankiste
modérateur : Abdoullah Coulibaly

adamCoulibaly2Abdoullah Coulibaly, Vice-président du Forum de Bamako, il est aussi le modérateur de cette conférence sur la question du développement de la RSE en Afrique.
Même s'il est difficile pour l'Afrique de suivre un modèle qu'elle n'a pas inventé, Mr Coulibaly met l'accent sur l'ambition et la fièreté qui anime les Africains pour faire bouger leur continent. "La chose qui n'existait pas il y a 20 ans, c'est la fiereté des Africains". Ce malien de 53 ans nous lance un message d'espoir : "Le monde bouge dans le bon sens. Ici en Afrique, on a compris qu'au coeur du développement il y a le savoir et la connaissance. Il ne faut pas se contenter de faire à manger, il faut entreprendre!" Abdoullah Coulibaly insiste bien sur le rôle des femmes dans le développement du continent. Les femmes sont l'avenir de l'homme et également les mères de l'Afrique."

Zoom sur une femme d'exception : Maggy Barankitse, une "mère Thérésa Africaine".

MargueriteBarankitseBurundiMaggy Barankitse est la créatrice de la Maison Shalom au Burundi. Cette femme a été témoin du génocide entre Hutus et Tutsis et des violences meurtrières d’octobre 1993, elle a vu la guerre, le massacre des enfants... Cette femme du monde a toujours refusé la fatalité et clame haut et fort : "Nous ne sommes pas faits pour vivre assis, nous sommes un peuple debout".

C'est son amour pour les autres qui l'a rendue inventive et qui lui a donné cette incroyable énergie pour créer la Maison Shalom "maison de la paix" qui est un très bon exemple de réinsertion sociale d'enfants orphelins.

Les objectifs des ces 82 maisons crées par Maggy Barankitse sont tout d'abord d'accueillir, d'assister et de soigner les orphelins en bas âge, puis dans un second temps d'éduquer les adolescents et de les former à une activité économique et enfin de trouver des familles d’accueil pour la réinsertion des enfants.
Les aînés s’occupent des plus jeunes, sans distinction d’origine sociale, chacun apprend ou réapprend à vivre ensemble.
Mme Barankiste nous raconte très humblement son parcours et s'exprime toujours à la première personne du pluriel : "Nous sommes une famille humaine", "nous sommes des bâtisseurs d'espérence","Ensemble nous pouvons chanter "imagine" de John Lennon."

La Maison Shalom n'existerait pas sans l'aide de l'UNICEF (Fonds des Nations unies pour l'enfance), Maggy Barankitse le reconnaît et remercie l'agence humanitaire de l’ONU. Néanmoins, Maggy met le doigt sur un petit bémol... "L'UNICEF va demander de l'argent au nord et ne va pas acheter le matériel scolaire en Afrique mais à Copenhague." Pourquoi l'agence humanitaire n'a-t'elle pas acheté sur place? Serait-ce un problème de visibilité auprès des pays du nord? Pourquoi acheter 2 cahiers dans les pays industrialisés alors qu'en Afrique on pourait en avoir le double? "L'UNICEF nous donne des sachets UNICEF back to scool dans lequel il y a deux cahiers alors que le sachet lui même en vaut douze. L'UNICEF se sert du visage des enfants du Burundi "ces pauvres enfants" et moi je ne veux plus qu'on fasse passer les Africains comme des victimes éternelles. Nous allons nous mettre ensemble et casser cette image! Il faut porter un regard nouveau vers nos frères et soeurs."

 

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