Dans les pays pauvres 80% des urbains s’entassent dans une ville-squatt : les bidonvilles.. |
| Écrit par Roxane Grioche |
| Jeudi, 29 Avril 2010 16:46 |
L’année 2008 aura vu l’Humanité basculer d’une prédominance des campagnards à une majorité de citadins. Mais sur les quelques 3 milliards d’habitants des villes, un milliard soit un sixième de l’humanité s’entasse dans des bidonvilles. Et dans les trente prochaines années on attend 3 milliards supplémentaires.
Bidonvilles , favelas ou Barrios : tous insalubres , sans équipements , ni assainissement, ni eau courante, ni électricité. Pas d’infrastructure, pas de maisons en dur donc très vulnérables au climat, pas d’accès aux services de santé, pas de transports pour aller en centre ville ;A mille lieux de l’habitat moderne que représente l’idéal urbain, c’est devenu le cauchemar mondial : les bidonvilles. Aujourd’hui il y a une urgence marquée : car les bidonvilles s’implantent sur les terrains les plus soumis aux risques naturels : comme inondations ou glissements de terrain. Voire ces épicentres sont souvent placés à proximité de décharges qui contiennent des produits toxiques ! ET en fuyant la pauvreté des campagnes, les millions de migrants déplacent le problème de sécurité alimentaire, s’il n’y a plus personne pour cultiver dans les champs . Les émeutes de la faim ont mis en évidence ce phénomène de détresse mondial : l’importance de la pauvreté urbaine dans la crise alimentaire mondiale. La faim et la malnutrition risquent de devenir des phénomènes essentiellement urbains. Pour y répondre l’agriculture se développe à l’intérieur même des bidonvilles, avec des risques sanitaires considérables mis aussi des solutions ingénieuses : ex à Nairobi , au Kenya, on cultive désormais des légumes dans des sacs . Et certains sociologues sont de cet avis : finalement les bidonvilles ne seraient-ils pas une réponse aux problèmes d’urbanisation tout simplement . Les bidonvilles figurent comme de véritables laboratoires où s’inventent des manières de faire le maximum d’économie puisque de toute façon il n’ya rien… Ce qui fait d’eux les meilleurs élèves d’une classe globalement vertueuse en matière d’environnement : les villes. Les experts suggèrent d’aider les populations à se stabiliser dans leurs quartiers, tout en luttant contre la pauvreté. Les autorités aident notamment les habitants des bidonvilles à acquérir la propriété de leur terrain ou en leur assurant un loyer à prix fixe. Mais personne ne sait gérer la population d’une ville qui double sa population en dix ans avec des problèmes d’insécurité sous-jacents. Alors finissons sur la magie des quartiers illégaux, c’est qu’ils sont constamment et progressivement améliorés par leurs habitants. Si pour nous ces agglomérations nous paraissent totalement chaotiques il faut savoir que contre toute attente ces villes-squatts sont également écologiques. Le meilleur exemple est sans doute : Dharavi, à Bombay, qui compte ainsi quatre cents unités de recyclage et trente mille chiffonniers, dans la plupart de ces quartiers, la récupération est littéralement un mode de vie. Six mille tonnes de déchets sont triées chaque jour. En 2007, The Economist rapportait pour sa part : des « multitudes de récupérateurs passent au crible les ordures des rues de Hanoï, de même que les enfants mozambicains récupèrent ce qu’ils peuvent dans la principale décharge de Maputo. Chaque ville d’Asie et d’Amérique latine possède une activité de ramassage des vieilles boîtes de carton ». Enfin Les gens s’y déplacent à pied, en vélo, en pousse-pousse, ou au moyen de l’universel taxi collectif. La ville métamorphose : dans les bidonvilles comme dans les tours de bureaux, on passe vite de l’état de péquenaud à celui de métropolitain puis de cosmopolite – avec tout ce que cela signifie selon le dictionnaire : multiculturel, multiracial, mondial, au fait des affaires de la planète! Et, comme pendant la révolution industrielle, le décollage des villes sera le phénomène économique dominant de la première moitié de ce siècle... |

Bidonvilles , favelas ou Barrios : tous insalubres , sans équipements , ni assainissement, ni eau courante, ni électricité. Pas d’infrastructure, pas de maisons en dur donc très vulnérables au climat, pas d’accès aux services de santé, pas de transports pour aller en centre ville ;